Mon crédo
 

Quelques mots sur ma  démarche et la nature morte.


J’ai fait mienne cette pensée de Charles Sterling longtemps conservateur des peintures du musée du Louvre qui disait ceci : “En s’exprimant par l’image des choses inanimées le peintre montre l’Art dans toute sa puissance. Car, à moins qu’il charge ces choses, délibérément, d’un sens symbolique, la nature morte ne donne aucune pâture à l’esprit d’anecdote.” 

Ma recherche en dehors des modes ou de la modernité paraît simple, lisible, collant au plus près de la réalité de l’objet ou du sujet. Elle se veut aussi une quête de spiritualité et d'idéal qui me relie aux Maîtres du 17 ème siècle,  l’âge d’Or  de la nature morte.

J’ai regardé si loin en arrière non pas par rejet de la peinture contemporaine que j’admire et aime profondément,  mais par nécessité intérieure pour retrouver une écriture, un équilibre, mais surtout le métier de la peinture à l’huile confronté à l’exigence de la réalité et qui m’avaient dans ma jeunesse,  intensément ému dans les œuvres des musées.  Ces Maîtres ont forgé mon amour du portrait et de la «nature morte» en particulier.

Cette recherche ne s’est pas voulue nostalgique d’une époque révolue,  même si je m’en suis  parfois inspiré. Les objets utilisés dans mes compositions sont généralement sobres, d’aujourd’hui ou d’hier, sans  grande valeur,  mais ils présentent des formes, une matière, une couleur et un vécu qui les rendent émouvants. Un grand désir aussi de réhabiliter l’objet fruit de la main, dans sa vérité originelle, sans déformation excessive.



Pourquoi la nature morte me direz vous?


Par goût et profond besoin de m’ancrer dans la réalité tangible des choses.

Je peins lentement et l'immobilité de l’objet me satisfait pleinement.   Il m’a paru évident qu’une nature morte  présente aussi tout le vocabulaire des formes déguisées en fruit,  verre ou pichet. Cet espace clos, arbitraire, volontairement intemporel avec une lumière qui ne change pas ou très peu,  convient à ma recherche, me permettant une longue réflexion et un travail sans hâte sur l’accomplissement du tableau. Cet espace reste aussi le lieu intime du face à face de l’objet et du peintre questionnant la beauté des choses qui nous accompagnent de l’aube au soir de notre vie.

Un lieu calme et paisible loin des fureurs du monde... même si cette rumeur cogne rudement à la porte de  mon atelier !

Charles Sterling (1901-1991

spécialiste de la nature morte, propose quant à lui la définition suivante de la nature morte :

« Une authentique nature morte naît le jour où un peintre prend la décision fondamentale de choisir comme sujet et d'organiser en une entité plastique un groupe d'objets. Qu'en fonction du temps et du milieu où il travaille, il les charge de toutes sortes d'allusions spirituelles, ne change rien à son profond dessein d'artiste : celui de nous imposer son émotion poétique devant la beauté qu'il a entrevue dans ces objets et leur assemblage. »

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Adhérent de l’ADAGP